Photo : des israéliens brandissant une pancarte en hébreux devant un jeune noir “Sale race, dehors !”5608381-8365045

 

Insultes, médicaments pour contrôler la fécondité, meutres, viols, racisme … La vie de certains juifs ou migrants à la peau noire tourne au véritable enfer en “terre promise”.

Israël, la terre promise pour les juifs … tant qu’ils ne sont pas noirs?

Bien qu’il existe, sans aucun doute, des exemples d’intégration, pour beaucoup, le tableau est plutôt sombre. Un rapport publié dans le journal New-Yorkais Newsweek décrit la situation alarmante des Falashas. La pauvreté est trois fois plus élevée chez les Éthiopiens que chez les Israéliens blancs et le chômage, deux fois plus élevé. Les jeunes sont beaucoup plus susceptibles d’abandonner l’école et sont largement sous-représentés dans les universités du pays. L’endroit où ils sont surreprésentés est la prison: la délinquance juvénile est quatre fois plus élevée dans leur communauté.

Le niveau de vie de la communauté Falasha est l’un des plus bas du pays. Selon les informations les plus à jour du ministère de la protection sociale et des services sociaux, «les deux tiers des éthiopiens ont besoin d’assistance. Dans certaines villes, près de 90 pour cent demandent l’accès aux soins. Près de 75 pour cent des familles éthiopiennes vivent en dessous du seuil de pauvreté. » Le chômage est d’environ 70 pour cent.

Un racisme manifeste

Il existe une multitude de preuves flagrantes de racisme dans les écoles, les hôpitaux, les associations de logement et de travail. En 2009, un chauffeur de bus a refusé de prendre une femme noire dans son bus: « Je ne permets pas qu’une Kushim (terme péjoratif désignant les Noirs) de monter à bord du bus. Est-ce qu’il y avait des bus en Éthiopie ? En Éthiopie, vous n’avez même de chaussures alors pourquoi ne marchez-vous pas? » Avait-il déclaré. D’autres rapports dévoilent des insultes faites contre les falashas, des enfants israéliens lançaient des pierres sur des soldats éthiopiens etc.

Dans certains quartiers d’Israël, il est interdit de louer ou de vendre un appartement à un éthiopien d’origine. En 2009, un agent immobilier qui recherchait des logements à ses clients a été choqué par les propos d’un propriétaire d’immeuble à Ashkelon:

« Tout le monde peut venir, mais pas les Ethiopiens. Voilà notre politique. Au moins je l’espère, il est important pour nous de préserver la valeur de l’appartement et la valeur de l’immeuble … Nous avons conservé cette  politique  de ne pas vendre aux Ethiopiens pendant 16 ans. Je ne peux pas parler au nom de tout l’immeuble… Cependant lorsqu’on loue un appartement à un Falasha, l’appartement baisse de 30% en valeur … Je ne suis pas expert dans les détails, mais le prix baisse si les Ethiopiens viennent habiter dans ces endroits. Je ne me soucie pas de qui vit ici, je ne suis pas raciste. Mais lorsque je dépasserai mes locataires, ils vont me regarder comme un traître parce que j’ai loué aux Ethiopiens. Je ne veux pas ruiner mes relations avec mes amis. »

Le grand scandale : Un médicament pour contrôler les naissances 

En 2010, un médecin a dévoilé que des fonctionnaires de santé en Israël donnaient des médicaments à de nombreuses immigrantes éthiopiennes femmes. Le but étant de contrôler,  à long terme, les naissances. Un enquête a montré que 57 pour cent qui ont pris le médicament ” Depo-Provera ” étaient des femmes éthiopiennes, malgré le fait que les  Falashas ne représentent que 2 pour cent environ de la population israélienne.

Afin de dénoncer ces discriminations, un porte-parole de l’Association israélienne de Juifs éthiopiens (IAEJ), Avi Maspin, a déclaré que le racisme est un mot qu’il n’a jamais voulu utiliser jusqu’à maintenant, parce qu’il ne croyait en aucun cas que cela pouvait exister en Israël : « La société israélienne est profondément infectée par le racisme et malheureusement, il n’y a pas de châtiments appropriés contre le racisme en Israël. »

L’histoire de la Shoah, intégrée bientôt dans les programmes scolaires des pays africains pour lutter contre l’antisémitisme. Quelle place alors pour les juifs noirs d’Israël ?

Contre l’antisémitisme et pour la primauté du dialogue et de la recherche de la paix sur la culture de l’affrontement et de la guerre, La capitale du Sénégal, Dakar va abriter, le lundi 1er juin 2015, la 1ere conférence sur l’enseignement de la Shoah. Cette conférence fait partie d’une série de six conférences internationales organisée par le Projet Aladin et l’UNESCO. Le Projet Aladin étant une ONG internationale basée à Paris qui œuvre pour la compréhension mutuelle, de la justice et de la fraternité humaine.

LIRE http://www.canalfrance.info/Dakar-va-abriter-la-1ere-conference-sur-l-enseignement-de-la-Shoah-en-Afrique-pour-lutter-contre-l-antisemitisme_a5070.html

Ce projet de vouloir enseigner l’histoire de la Shoah en Afrique semble faire suite aux déclarations du Président Français François Hollande, après les attaques contre Charlie Hebdo et des juifs de France. Pour lutter contre une montée rapide de l’antisémitisme, Hollande a jugé nécessaire de faire enseigner l’histoire de la Shoah  partout et sans aucune restriction.

Pour la lutte contre le racisme anti-Falasha, l’histoire des juifs noirs d’Israël va-t-elle également être enseignée dans le monde ?

Pour comprendre le rejet des éthiopiens par les israéliens blancs, il faudrait comprendre l’histoire biblique vieille de 3 000 ans. Falasha signifie « Famille d’Israël », « juifs noirs » ou « Beta Israël » et est généralement considéré comme un terme péjoratif. Selon les mythes, les juifs noirs descendraient des Israélites ayant accompagné le prince Ménélik, fils du roi Salomon et de la reine de Saba lorsqu’il apporta l’arche d’alliance en Éthiopie, au Xe siècle avant Jésus-Christ.  En 1624, les derniers Beta Israël indépendants sont battus par l’armée chrétienne éthiopienne. La société falasha vit alors dans des villages réservés, évitée par tous. Elle s’est repliée sur elle-même. Pour beaucoup israéliens, les noirs ne pouvaient être des juifs.

En 1984, le gouvernement israélien procède à l’”Opération Moïse” où 16 000 juifs éthiopiens arrivent en Israël. Le 24 mai 1991, 14 000 autres sont transportés en une nuit lors de l’opération Salomon. On comptait en 2005 environ 105 000 personnes d’origine éthiopienne en Israël. À l’époque, ces missions «de sauvetage» ont créé la polémique. Certains sionistes ont salué le retour inévitable des Juifs africains en terre promise. Cependant pour d’autres, ce déplacement relevait d’un stratagème cynique du gouvernement pour modifier la démographie de la Palestine. L’arrivée en masse des éthiopiens représentaient un succès politique pour certains, particulièrement dans le secteur de l’armée, la main d’œuvre à bas coût. L’apprentissage de l’hébreu était obligatoire pour permettre une intégration réussie en Israël. D’autres ont cependant dénoncé une supercherie pour déstabiliser la Palestine

 

 

Sources :

Israël “La chasse aux nègres” http://www.lejournalinternational.fr/Israel-la-chasse-aux-negres_a896.html

http://www.canalfrance.info/Les-juifs-noirs-victimes-de-racisme-en-Israel-ce-peuple-oublie-par-le-reste-du-monde_a5072.html

http://orientxxi.info/magazine/la-revolte-des-israeliens-noirs,0920

 

 

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